OEUVRE COLORS Urban Art FESTIVAL 2026

Fork One

Russie

Description de l’oeuvre :

Il y a le mur de Fork One. Et puis il y a le souvenir de Timur et Ayuna à Strasbourg. Leurs sourires, d’abord. Leur envie de tout voir, de prendre des vélos à Strasbourg et de parcourir la ville, de regarder les gens vivre ici et de profiter de chaque moment. Nous ne parlions pas la même langue, alors on a cherché des mots, fait des gestes et on a beaucoup souri. C’est assez difficile à expliquer, mais Timur et Ayuna ont profondément marqué cette édition de COLORS. Par leur gentillesse, leur curiosité et surtout cette envie d’aller vers les autres. Ils nous ont rappelé qu’il existe des choses qui n’ont pas tellement besoin d’être traduites.

Et cela ressemble beaucoup au travail de Fork. Timur Fork vient de Russie et développe depuis plusieurs années une technique devenue une véritable signature : le plasticine realism. Son point de départ est pourtant l’une des choses les plus simples qui soient : la pâte à modeler. Des formes faites à la main, avec leurs bosses, leurs plis, leurs empreintes de doigts. Rien n’est parfaitement droit, régulier ou symétrique. Et Fork utilise justement une technique d’une précision assez folle pour reproduire tout cela sur les murs. Il travaille notamment à la spray avec une maîtrise qui en a fait une référence auprès de nombreux artistes urbains. Il faut donc beaucoup de technique à Fork pour réussir à peindre parfaitement quelque chose d’imparfait. Et derrière cette virtuosité, le message est finalement beaucoup plus simple.

Après une période difficile de sa vie qui l’a amené à regarder autrement son travail, Timur a choisi de revenir à ce qui lui semblait essentiel : la joie, les choses simples, l’humour, l’enfance et cette beauté que l’on oublie parfois de regarder. Alors sont arrivés ses personnages. Fork les appelle des compagnons. Le mot lui va bien. Ils ont quelque chose de ces personnages que l’on fabriquait enfant avec trois morceaux de pâte à modeler et auxquels on pouvait, très sérieusement, décider de donner une vie. Ils sont un peu bancals, jamais tout à fait parfaits, mais immédiatement attachants.

Et surtout, ils voyagent. Fork en laisse derrière lui dans différentes villes du monde. Une drôle de bande de copains dispersée sur plusieurs continents. Strasbourg a désormais le sien. Et après avoir rencontré Timur et Ayuna, difficile de ne pas y voir quelque chose de plus. Parce que pendant quelques jours à COLORS, il a beaucoup été question de compagnons, justement. De ceux que l’on connaissait déjà et de ceux que l’on rencontre. De personnes qui viennent de loin, qui ne parlent pas la même langue et avec lesquelles on trouve pourtant assez vite une manière de partager. Dans un monde qui passe beaucoup de temps à fabriquer des frontières, Fork préfère fabriquer des moments d’amitié sincères et authentiques. Le compagnon de Strasbourg restera là. À nous, maintenant, d’en prendre grand soin.

BIO :

Fork One (né en 1986) est un artiste contemporain basé à Moscou et une figure majeure du mouvement graffiti russe depuis le début des années 2000. Connu pour avoir très tôt privilégié les personnages dans ses œuvres de rue plutôt que le lettrage traditionnel, ses fresques ont été réalisées dans de nombreuses villes, notamment à Moscou, Barcelone, Paris et Osaka.

À la suite d’un tournant majeur en 2017, il passe progressivement de la pratique du street art au travail en atelier et développe son style signature, le « plasticine realism » (réalisme en pâte à modeler). Cette approche singulière associe une peinture hyperréaliste au langage visuel de la pâte à modeler sculptée, créant des œuvres qui jouent avec l’illusion tridimensionnelle, la nostalgie de l’enfance et des couleurs audacieuses.

Ainsi, le « plasticine realism » devient bien plus qu’un style : il constitue un pont entre passé et présent, entre l’artiste et le spectateur. En faisant appel à notre « enfant intérieur », Timur Fork nous rappelle que l’art peut être sérieux sans être emphatique, profond sans être pesant et accessible sans être simplifié.

Ses œuvres nous invitent à revenir aux racines de la création, là où l’essentiel n’est pas la perfection de la forme, mais le plaisir du processus créatif lui-même.

Le parcours artistique de Timur Fork — du graffiti de rue aux projets en galerie — témoigne d’une synthèse naturelle entre son expérience du street art et sa réflexion en atelier. Ses œuvres restent immédiatement reconnaissables grâce à un langage visuel unique, où la spontanéité enfantine de la matière se mêle à une pensée artistique mature, et où l’ironie devient un moyen d’évoquer des expériences profondément universelles.

Son travail a été présenté dans de nombreux festivals internationaux majeurs, biennales et expositions. Ses œuvres font également partie de collections privées aux États-Unis, en Europe et en Asie.

ENGLISH : 

Artwork Description : 

There is Fork One’s wall. And then there is the memory of Timur and Ayuna in Strasbourg.

Their smiles, first of all. Their desire to see everything, to rent bikes in Strasbourg and explore the city, to watch people going about their lives here and make the most of every moment. We didn’t speak the same language, so we searched for words, used gestures, and smiled a lot.

It’s difficult to explain, but Timur and Ayuna left a deep mark on this edition of COLORS. Through their kindness, their curiosity and, above all, their desire to connect with others. They reminded us that some things simply don’t need to be translated.

And that feels very close to Fork’s work.

Timur Fork comes from Russia and, over the past few years, has developed a technique that has become his signature: plasticine realism. His starting point is one of the simplest things imaginable: modelling clay.

Handmade shapes, with their bumps, folds and fingerprints. Nothing perfectly straight, regular or symmetrical. And Fork uses an incredibly precise technique to reproduce all of this on walls.

He works primarily with spray paint, with a level of mastery that has made him a reference for many urban artists. Fork therefore needs an extraordinary amount of technical skill to perfectly paint something that is inherently imperfect.

And behind this virtuosity, the message is ultimately much simpler.

After a difficult period in his life that led him to look at his work differently, Timur chose to return to what felt essential to him: joy, simple things, humour, childhood and the beauty we sometimes forget to notice.

And then his characters appeared.

Fork calls them companions. The word suits them perfectly. There is something about them that recalls the characters we used to make as children from three pieces of modelling clay, and to whom we could very seriously decide to give a life.

They are a little wonky, never quite perfect, but immediately endearing.

And above all, they travel.

Fork leaves them behind in different cities around the world. A funny group of friends scattered across several continents.

Strasbourg now has one of its own.

And after meeting Timur and Ayuna, it is difficult not to see something more in it.

Because during those few days at COLORS, there was a lot of talk about companions, precisely. The ones we already knew and the ones we were meeting for the first time. People who come from far away, who speak a different language, and with whom we nevertheless quickly find a way to connect and share.

In a world that spends so much time building borders, Fork prefers to create genuine and authentic moments of friendship.

The companion of Strasbourg will stay here.

Now it’s up to us to take good care of it.

BIO : 

Fork One (b. 1986) is a Moscow-based contemporary artist and a key figure in the Russian graffiti movement since the early 2000s. Known for his early focus on character-driven street work rather than traditional lettering, his murals have appeared across cities including Moscow, Barcelona, Paris, and Osaka. Following a pivotal shift in 2017, he transitioned from street practice to studio work, developing his signature style, “plasticine realism.” This distinctive approach combines hyperrealistic painting with the visual language of sculpted plasticine, creating works that play with three-dimensional illusion, childhood nostalgia, and bold color. Thus, « plasticine realism » becomes not just a style, but a bridge between past and present, between artist and viewer. Appealing to the « inner child, » Timur Fork reminds us that art can be serious without pathos, profound without heaviness, and understandable without simplification. His works are an invitation to return to the roots of creativity, where the focus is not on the perfection of form, but on the joy of the creative process itself. Timur Fork’s creative path – from street graffiti to gallery projects – demonstrates an organic synthesis of street experience and studio reflection. His works remain recognizable thanks to their unique visual code, where the childlike spontaneity of the material is combined with mature artistic thought, and irony becomes a conduit for universal human experiences. His practice has been featured in major international festivals, biennales, and exhibitions, with works held in private collections across the U.S., Europe, and Asia.